La Tanière de Sìne

Bienvenue dans ma Tanière de Louve, mon antre au parfum de Forêt, où je chante mon paganisme au quotidien et hulule mes réflexions au clair de Lune... Le journal d'une petite païenne sur le chemin des Puissances sauvages...

04 juin 2009

Si j'étais...

Un élément ? ------------------ La Terre, avec une flammèche

Un défaut ? ------------------------------------------ L'exigence
Une qualité ? ---------------------------- La force de caractère
Un sentiment ? ---------- La sensualité (sisi c'est un sentiment)
Un animal ? ---------------------------- Une Corneille bien sûr.
Une odeur ? ------------ Celle de mon Chevelu ou de la Forêt
Une saison ? --------------------------------------- Le printemps
Une fête ? ------------------------------------------------ Beltane
Une couleur ? ----------------------- Vert lierre ou brun rouge
Une culture ? ------------------- Pologne du Nord = Nordique
Une Rune ? ------------------------------------------------- Jera
Une partie du corps ? --------------------- Les mains ou le dos
Une pierre ? -------------------- Une ambre (quelle question !)
Un art ? ------------------------------- La musique évidemment
Un arbre ? --------------------------------------- Une aubépine
Un bijou ? ------------------------------- Un collier ras-de-cou
Un lieu ? ------------------------------------------- Une clairière
Une fleur ? ----------------------------------------- Une violette
Un film ? ---------------- Altaripa (c'est pas un film, oui je sais)
Un verbe ? ----------------------------------------------- Vibrer
Un instrument ? ---------------------------- Tssss... Un violon !
Un pays ? ------------------------------ L'Écosse ou la Pologne

 

Posté par Sine Gealach à 20:56 - Ecritoire - Commentaires [0] - Permalien [#]


30 avril 2009

Un autre!^^

1) Attrapez le livre le plus proche, ouvrez-le à la page 14 et écrivez mot pour mot la 4ème ligne :
"[...] vernünftigem Zustand, Er thut noch Alles wie sonst, rasiert sein [...]"   
(Woyzeck de Büchner - beuuuuuh u___u)

2) Sans vérifier, quelle heure est-il ?
18h30 ?

3) Vérifiez :
18h44 (pas mal^^)

4) Que portez-vous comme vêtements ?
Une longue robe noire ample, que je porte aussi parfois sous mon corset noir. Très confortable !

5) Quel bruit entendez-vous à part celui de l'ordinateur ?
La pendule, le chien du voisin et une Corneille sur le toit. Ah, et un avion qui s'invite -.-


6) Quand êtes-vous sorti la dernière fois et qu'avez-vous fait ?
Bah aujourd'hui j'étais au bahut^^ Sinon hier je suis allée faire des courses avec mon pôpa (il n'y a que lui qui arrive à me traîner dans un magasin lol)

7) Avez-vous déjà réellement frôlé la mort ?
Un jour en promenade mon cheval a reculé à cause d'une voiture, est tombé dans un fossé derrière lui, et j'étais coincée sur la selle... J'avais le genou cassé, et mon cheval n'arrivait pas à sortir et paniquait. J'ai roulé sur le côté pour me dégager, je suis sortie du fossé et j'ai tiré mon cheval, puis il a fallu que je remonte malgré mon genou... Pendant 5mn, à moitié sous le poids du cheval, j'ai cru que c'était mon heure.

8) De quoi avez-vous rêvé cette nuit ?
Toujours de la même personne, forcément.

9) Quand avez-vous ri pour la dernière fois ?
Ce midi, parce que j'avais oublié ma fourchette et devais manger avec un couteau^^

10) Et quand avez vous pleuré pour la dernière fois ?
Cet après-midi...

11) Qu'y a t-il sur les murs de la pièce où vous êtes ?
Une pendule (j'adoooore les pendules^^), deux peintures de Prague, des affiches de musique et un bout de kilt (si si !)

12) Si vous deveniez multimillionnaire, quelle est la première chose que vous achèteriez ?
Holàlà... Je ne le suis pas, de toute façon (et le fric, franchement, à part qu'il me sert j'en ai un peu rien à cirer^^)

13) Quel est le dernier film que vous ayez vu ?
Australia, et j'ai vraiment pas aimé.

14) Avez-vous vu quelque chose d'étrange aujourd'hui ?
Un ami qui portait des bretelles O.ô

15) Dévoilez un secret personnel que tout le monde ignore :
Je ne suis pas du tout aussi sûre de moi que j'en ai l'air, au contraire, je doute de moi sans arrêt et pour tout !

16) Quel serait le prénom de votre enfant si c'était une fille ?
J'adore Erika.

17) Quel serait le prénom de votre enfant si c'était un garçon ?
Pas Sven, pourtant j'aime bien, mais c'est un mauvais prénom^^ Axel je pense.

18) Avez-vous déjà pensé à vivre à l'étranger ?
Je vais y aller bientôt^^ Sinon l'Ecosse, rhaaaaa !! Ou alors la Scandinavie, l'Allemagne, voire le Canada (Nordwoman c'est moi lol)

19) Que voudriez-vous dire à Dieu lorsque vous franchirez les portes du paradis ?
Dieu ? Paradis ?

20) Aimez-vous danser ?
Un peu oui ! Je suis complètement accro =D

21) Quels pays avez-vous déjà visité ?
France, Allemagne, Luxembourg, Espagne, Israel, Angleterre et une incursion en Belgique.

Bon, allez, je n'en taggue que deux cette fois-ci : Lyra et Khalija, au boulot =P

Posté par Sine Gealach à 18:52 - Ecritoire - Commentaires [3] - Permalien [#]

22 septembre 2008

Saga instrumentale

J'ai écrit l'autre soir un poème en vers qui décrit mon amitié avec le Fionn (celui que je porte dans mon coeur depuis plusieurs mois mais avec qui seule l'amitié a l'air d'être comprise) sous la forme d'une métaphore musicale.

Pour comprendre, il faut savoir que: je joue du violon - lui du hautbois - un ami commun de la cornemuse - une fille qui lui tourne autour du piano. Bref... Le voilà:

Il était une fois ensemble musical

Joyeux et renommé, n’ayant point de rival.

En son plein cœur chantait un beau violon d’ambre

Dont la fière prestance illuminait la chambre.

A ses côtés évoluaient deux alti sereins,

Ronflait toute sa joie un violoncelle brun,

Sonnaient un biniou et une jolie voix.

Fut engagé en hâte un clair et doux hautbois…

Après quelques essais parfois malencontreux,

L’on ajusta le son et le groupe alla mieux.

Concerts furent donnés, toujours fort appréciés

Et l’on avait de cesse d’encore composer.

Le hautbois se lança à l’assaut du violon

Et en quelques mois ils jouaient à l’unisson,

Duettant au grand jour leur bonheur sans nuage

Qui autour fit à quelques-uns du dommage.

Mais les doués solistes se retrouvaient à deux

Plongés dans un sombre et mystérieux lieu.

Souvent s’y ajoutait la cornemuse étrange

Et à trois ils jouaient la musique des anges.

Hélas il vint un jour où entra un intrus :

Un trop léger piano, invité là se crut.

Le hautbois délaissa la virtuose voix

De son cher et précieux partenaire de bois.

Les trilles du chantant, rejeté sans remords,

Devinrent longs sanglots dont s’était enfui l’or.

Anche illusionnée des accords s’éprenait

Tandis qu’archet blessé avec le bois jouait.

Cornemuse vit bien les pleurs de son ami,

L’encouragea et offrit son solide appui.

L’infortuné violon pour elle reprit le thème

Et cria vers le ciel sa douloureuse haine.

Aucun n’est perdu mais groupe est resté boiteux,

Privé de celui qui fut le plus harmonieux.

Le violon pourra, si reviens l’ami changeant,

Être encore une fois ce qu’il était : vibrant !

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17 septembre 2008

Oiseau en cage

C'est une petite prose écrite en deux minutes hier soir, sur une impulsion. Ca ne vaut pas grand'chose, c'était juste pour illustrer mon état d'esprit. Mais je la mets quand-même:

Oh regard de saphir!

Depuis que mon espoir se cogne les ailes, battant trop fort,

Aux barreaux de la cage de ton indifférence,

Chaque tu me piques d'une épine plus cruelle!

Pourtant jamais tu ne le voudrais,

Tu m'estimes trop pour me faire souffrir.

Cela est hélas dans ta nature que ce terrible aveuglement.

Oh, je regarde la Lune, et j'y vois ton regard.

Dans le murmure des vagues sur la grève, je perçois ta voix.

Quand m'atteint un rayon de soleil, c'est ton sourire que j'y découvre.

La caresse du vent est pour moi, ta main sur ma peau...

Ne verras-tu donc rien avant que le temps ne me glace?

Posté par Sine Gealach à 19:09 - Ecritoire - Commentaires [0] - Permalien [#]

14 septembre 2008

Les dieux sont restés vivaces

De ton assez Mariedesboisesque, c'est vrai que son "Rencontre au matin" (in "Noces de sève et de Vent") m'a bien inspirée... Je l'aime beaucoup, celui-ci, rimé mais pas en vers, rythme ni trop lent ni trop rapide, oui j'en suis plutôt contente:

      Lumière légère et timide Soleil, --- Atmosphère déclinante et feuilles vermeilles

Dérangées par l’assourdissant tonnerre --- Des huit sabots martelant la Terre.

      L’illustre cavalier aperçoit une lueur, --- Brillante mais claire à cette heure.

Met pied à terre lestement, --- S’approche d’un pas rapide et franc.

      « Que fais-tu ici, fille des hommes impies, --- Par cette matinée d’humide saison de pluie? »

« Je portais, Seigneur, à mon ami le lutin --- Hydromel de mon crû et galettes au levain. »

      Son œil perçant s’attarde sur mon cou --- Et naît sur ses lèvres un beau sourire de loup…

« Mais dites-moi, maître, ne saviez-vous pas déjà --Qui je suis, du haut de votre trône là-bas? »

      « Tu es femme de sang moindre mais ton âme est belle… --- Rares de nos jours décadents sont encore celles

À converser joyeusement avec les hommes de mon fils, --- Qui eux les aiment et ne les maudissent. »

      Le cœur rayonnant je dépose mon panier --- Dans le creux par mon lutin à cet effet ménagé.

« Voudriez-vous, je vous en prie, Seigneur, --- Venir vous restaurer un temps dans ma demeure? »

      D’un geste il m’enlève et me dépose en selle --- Puis grimpe derrière moi, aussi léger qu’une aile.

Tandis que la fougueuse monture s’élance dans le matin, --- D’une voix forte et fière j’indique le chemin.

      De ma maison les solides murs de pierre --- Semblent contenter le voyageur de l’Air.

Au verger l’étalon broute avec entrain, --- Son maître vers la porte m’entraîne par la main.

      « Tu as dit tout à l’heure, ma fille, --- Avoir doux hydromel dans cette demeure-ci. »

Dans de vastes choppes vite je l’ai apporté --- Et mes yeux dans le sien avec lui j’ai trinqué.

      « Dites-moi, maître, ce qui en ce monde vous amène. --- J’ai tout à l’heure cru lire dans vos mots de la haine. »

« En vérité chère hôtesse j’ai de quoi enrager --- Quand je vois comme tes semblables ont Mitgard ravagé! »

      Depuis l’aube le parcourant j’ai bien cru --- Que cette fois-ci tout était perdu.

Mais de te connaître mon cœur est soulagé: --- Il en reste donc encore qui ne nous ont pas oubliés. »

      « Jamais de mon vivant, jarl, je vous le jure, --- Cette Terre ne sera abandonnée aux parjures!

Peut-être suis-je seule et impuissante, --- Mais tout comme vous le Pouvoir me hante. »

      Son sourire sage et sauvage encore m’a adressé --- Que je lui ai, cette fois, rendu sans hésiter.

« Je dois partir, ma fille, merci de ta présence, --- Je te donne en paiement des runes la connaissance. »

      Je le remercie, yeux brillants d’émotion. --- Lui en signe d’au-revoir pose sa main sur mon front.

Dès le son du galop enfui dans le lointain,  ----     Je cours au cercle de pierres et crie son nom:     « Odin ! »

Posté par Sine Gealach à 14:29 - Ecritoire - Commentaires [10] - Permalien [#]

05 septembre 2008

Sombres pensées

Fille de Nuit

Je ne sais pas pourquoi l'obscurité m'attire - J'ai toujours eu en moi un amour des vampires.

Il faut dire qu'autrefois, dans mon enfance d'or - Ils ont hanté mes rêves, peuplés de regards morts.

Des années entières, m'ont sans cesse poursuivie - Déchirant mon sommeil, brisant mes jeunes nuits.

Eveillée je restais, terrifiée et muette - Priant pour qu'ils ne fondent pas sur ma silhouette.

Mes années passaient, hantées de cauchemars - Le moindre bruit furtif me faisait émouvoir.

Je cherchais en vain à mes tourments une fin - Mais de trembler la nuit, tel était mon destin.

Les vampires, ombres, ne m'ont jamais quittée - Toujours en silence, viennent me visiter.

Mais aujourd'hui je ne suis plus enfant tremblante: - Dorénavant les nuits c'est mon âme qui les hante!

Oui, la petite fille est devenue femme - Femme grande et sage dont l'esprit est de flammes.

Suis devenue des leurs, ai rejoint leurs mystères - Non je ne suis pas vampire mais Sorcière!

Posté par Sine Gealach à 22:08 - Ecritoire - Commentaires [2] - Permalien [#]

Poésie vraie de vraie!

Mon nouveau dada, ce sont les alexandrins: non seulement je me suis mise à la poésie en vers (moi l'irréductible de la prose!) mais en plus je m'amuse même à parler en alexandrins à présent! C'est dire si le virus m'a prise!^^ Avec ma mère, nous faisons des compètes, la première qui lâche le rythme ou qui hésite a perdu :)

Et, évidemment, mes écrits s'en ressentent. Le prochain est en alexandrins, vous verrez!

Posté par Sine Gealach à 21:29 - Ecritoire - Commentaires [0] - Permalien [#]

23 août 2008

Nouveau Rede

Pour fêter mon nouveau départ, ma petite renaissance, je m'attaque à un gros projet...

Le Rede Wiccan ne me convient pas pour certaines phrases, et l'esprit n'est pas vraiment le mien. J'ai toujours eu envie de modifier certaines phrases, ou de les remanier à ma petite sauce nordico-celte. Donc je me lance: j'écris mon propre Rede, pour moi et pour tous les païens celtisants et nordisants qui le voudront!

Un petit extrait (car je ne fais que commencer):

[...] Taille les runes dans l'écorce, chante-les dans le vent,

Grave-les dans la pierre et teinte-les de ton sang.

[...] Toujours trinque à tes ancêtres, à tes dieux et à tes quêtes et affaires,

Afin que ceux-ci et ceux-là t'aident dans ces dernières.

...Souhaitez-moi bon courage!^^

Posté par Sine Gealach à 23:51 - Ecritoire - Commentaires [5] - Permalien [#]

13 juillet 2008

Ocre rouge

A Yaridia, ma petite muse.

Gheela courait, hors d’haleine. Le Soleil d’hiver était bas sur l’horizon. Il lui fallait se hâter. Épuisée, elle forcit cependant le pas. Elle n’aurait manqué la cérémonie pour rien au monde.

Enfin, elle déboula des roches sur la plage et s’arrêta pour reprendre son souffle. Personne ne faisait attention à elle. La jeune fille se glissa parmi un groupe de femmes qui préparaient la viande à rôtir. Elle y trouva sa sœur, Serku. Échangeant un bref salut, elles travaillèrent le plus vite possible: le Soleil allait toucher les montagnes. Gheela brûlait d’impatience.

Soudain, le coup de tambour. Aussitôt, ce fut une ruée vers le feu central. Chacun tentait d’apercevoir les derniers rayons de leur Père qui allait mourir et renaître cette nuit-là. Gheela prit sur ses frêles épaules sont petit frère de quatre hivers, qui n’aurait sans cela rien vu du tout. Elle-même avait chipé un caillou de foyer et était grimpée dessus.

De grands cris retentirent lorsque la dernière lueur disparut. Alors tous s’assirent autour du grand brasier. Maheg, le chaman, resta seul debout. De sa voix grave et profonde, il présenta le vieux chef de la tribu des Montagnes, qui avait amené sa glaise grise, puis le nouveau jeune chef du village du Grand Lac, avec son argile verte. Enfin, il tira lui-même à la lumière l’ocre rouge du Clan de la Forêt.

Aussitôt après, des bols et outres furent amenés et l’on commença à délayer les terres dans l’eau. Gheela, fascinée par l’ocre, se fit plusieurs fois rabrouer car sa spatule restait en suspens de longs moments.

Puis commença la Transformation. Qui une branche autour du ventre, qui une ramure sur la tête, qui des plumes nouées aux bras, chacun une fois nu se para de tout ce qui lui tombait sous la main. Gheela avait déniché une vieille carcasse de Corneille. Elle noua dans ses cheveux bruns le bec et quelques os, récupéra les plumes et se les accrocha autour des mollets. Avec un remerciement à l’Esprit de l’oiseau, elle enterra le reste.

Ensuite on se mit à se couvrir de terre colorée. La jeune fille dessina des traits sur son visage avec de l’argile verte, et de nombreux motifs d’ocre sur son corps. Puis elle eut une idée et enduisit ses longues mèches avec la terre rouge, les façonnant en une coiffure élaborée, en prenant garde de laisser visibles les os de Corneille, et le bec sur son front.

Quand tout le monde fut paré, Maheg frappa un grand coup sur son large tambour. Tous s’assemblèrent à nouveau en cercle, assis tranquillement, les yeux fixés sur le chaman. Ils formaient une étrange assemblée, qui semblait sortie tout droit des anciennes légendes, quand leurs ancêtres vivaient encore sans vêtements et sans villages fixes. Gheela était galvanisée par les ombres dansantes projetées par le brasier, l’odeur âcre des terres colorées, la lueur fantomatique de la Lune au-dessus d’elle et par le son intense et vibrant du tambour sacré.

Maheg, lui-même orné de divers feuillages, de cliquetants coquillages et d’une ramure de cerf, frappait à un rythme lent. Tandis qu’il l’augmentait progressivement, Gheela sentit son cœur s’accorder au tambour et battre de plus en plus vite. Lorsque la cadence atteignit l’insoutenable, le chaman laissa échapper un puissant cri:

« Talamh ! »

Alors tous reprirent le mot en hurlant, se levèrent et se mirent à courir, sauter et danser autour du feu en gesticulant et s’égosillant, tandis que les anciens joignaient leurs tam-tams au grand tambour.

Gheela, dansant et hurlant, sentit s’éveiller en elle la Force primitive, son âme sauvage et brute d’animal. Elle se sentait unie à la Terre dont elle criait le nom. Portée par un courant de puissance venu du rythme effréné des percussions, de la terre sacrée sur sa peau, du froid de la nuit et de la chaleur de son sang, elle perdit toute notion du temps et de la réalité.

Elle se souvenait avoir sauté au-dessus du feu en appelant la renaissance du Soleil, avoir dévoré en quelques bouchées une cuisse de chevreuil rôtie, s’être mise à quatre pattes sur la berge pour laper un peu d’eau. Elle se rappelait une main étrangère qui s’était posée sur sa hanche. Elle avait fait volte-face: c’était un jeune homme de trois ou quatre hivers plus âgé qu’elle. Elle l’avait repoussé et lui avait montré son poignet gauche, vierge de la cicatrice qu’on traçait aux jeunes filles lors de leur Premier Sang. Elle se souvenait surtout avoir dansé comme jamais elle n’aurait cru possible…

Au petit matin, alors que les tambours et les cris s’étaient tus, Gheela se tenait silencieuse avec les autres, la tête tournant encore, le visage levé vers l’Est. Un premier rayon poignit, et tous éclatèrent en chants et cris de joie. D’un même élan, ils s’engouffrèrent dans la rivière glaciale et se lavèrent mutuellement en de grands éclats de rire assortis d’éclaboussures.

***

A la tombée du jour, Gheela se dirigea d’un pas vif vers la cabane de Maheg, située un peu à l’écart du village. A nouveau propre et lucide, elle avait tout de même gardé le bec de Corneille, à présent noué en pendentif autour de son cou fin et pâle.

Elle aperçut le vieil homme dans son enclos à volailles et le salua, puis annonça solennellement son acceptation à la proposition de la veille: au printemps suivant, elle commencerait à ses côtés à connaître et maîtriser les Forces de la Nature…

______________________________

Inspiré de Chroniques des Temps Obscurs et d'un récit de ma chère Zoziau.

Posté par Sine Gealach à 13:53 - Ecritoire - Commentaires [0] - Permalien [#]

10 juillet 2008

Les Chemins de Thulé

Les dieux et déesses des Forêts du Nord insufflent leur force aux hommes, rendent la Terre et les femmes belles et fécondes, et sont garants de l'ordre naturel.

Ils me conviennent mieux que l'unique dieu des prêcheurs du désert qui n'ont rien à faire de nos Forêts ni de la joie des hommes.

Et les dieux du Nord conviennent mieux à la Terre. Sous leur protection Elle ne risquerait pas d'être surpeuplée ni polluée car régnerait le respect des lois naturelles.

La nouvelle religion s'étiole et se déssèche comme sa doctrine stérile. Mais l'Ancienne possède toujours une sève bien verte qui refleurit aux immortelles saisons.

Au lieu de la croix de mort, l'Arbre toujours vert, bruissant, touffu, luxuriant, s'élève vers les étoiles au-dessus de la source de Mémoire et de confiance.

Suivre les chemins de Thulé, cela évite de perdre le Nord.

Marie des Bois

Les Chemins de Thulé - Saga du neuvième anneau

Ce texte est profondément Moi. Il dit, formulés et informulés, tous les cris que j'ai envie de pousser à la joie de mon âme de Païenne et à la tristesse sans bornes du massacre de nos Forêts, de nos pays et de nos croyances... de notre Terre-Mère. Je ne suis pas (encore) Asatruar, mais je ressens profondément en moi-même la même essence qui anime l'encre de ces lignes couler dans mon sang.

 

Je suis Païenne. Fille de la Terre et du Vent. Libre et sauvage. Et heureuse comme telle.

Posté par Sine Gealach à 22:59 - Ecritoire - Commentaires [8] - Permalien [#]
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